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Mondial 2026 – Les petites équipes tiennent tête aux géants : Cap-Vert nul contre l’Espagne, RDC accroche le Portugal, le réveil des outsiders
L’exploit des Léopards et la révolte des underdogs

Houston, 17 juin 2026 : le jour où les Léopards ont rugi

Il était une fois, au NRG Stadium de Houston, une rencontre qui avait tout du combat de David contre Goliath. D’un côté, le Portugal, quintuple vainqueur du Championnat d’Europe et armé de son légendaire capitaine Cristiano Ronaldo, 41 ans, sextuple participant à une Coupe du monde. De l’autre, la République démocratique du Congo, de retour sur la scène mondiale après un demi-siècle d’absence. La dernière fois que le pays – alors appelé Zaïre – avait foulé les pelouses d’un Mondial, c’était en 1974 en Allemagne de l’Ouest. Ce jour-là, les Léopards avaient perdu leurs trois matchs sans inscrire le moindre but.

Mercredi 17 juin 2026, l’histoire a pris un tout autre tour. Devant 68 777 spectateurs majoritairement acquis à la cause portugaise, la RDC a livré une prestation de courage et de détermination qui restera gravée dans les mémoires. Le bourgmestre de la commune de N’djili à Kinshasa a salué « la combativité et la volonté de défendre avec honneur les couleurs de la RDC », des mots qui résonnent comme un écho à la ferveur populaire qui a saisi tout un pays.

Les premières minutes ont pourtant laissé craindre le pire. Dès la 6e minute, João Neves, le milieu du PSG, a placé une tête imparable sur un centre venu du côté droit, offrant l’avantage aux Portugais. Le Portugal maintenait sa pression, et l’on pouvait craindre un score fleuve face à des Congolais déboussolés. Mais les Léopards ont puisé dans leurs ressources pour rééquilibrer le jeu, « ratant beaucoup d’occasions nettes de but » avant de trouver enfin la faille.

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Mondial 2026 – Récapitulatif complet de la première semaine : le format à 48 équipes, les hosts américains et les légendes Messi-Ronaldo entrent dans l’histoire
Première semaine de folie au Mondial 2026

Un coup d’envoi en grande pompe sur trois fuseaux horaires

La Coupe du monde 2026 a débuté le 11 juin par une cérémonie d’ouverture au mythique Estadio Azteca de Mexico, suivie du match d’ouverture entre le Mexique et l’Afrique du Sud. Pour la première fois dans l’histoire du tournoi, ce ne sont pas une mais trois cérémonies inaugurales qui ont eu lieu, une dans chacun des pays hôtes. Le 11 juin, Mexico a donné le coup d’envoi avec un show réunissant Shakira, Burna Boy, J Balvin et d’autres stars. Le lendemain, Los Angeles et Toronto ont emboîté le pas avec des prestations de Katy Perry, Anitta, Blackpink’s Lisa, Michael Bublé et Alanis Morissette.

Sur le terrain, le Mexique a rempli son contrat en s’imposant 2-0 face aux Bafana Bafana devant 83 000 spectateurs. Ce succès a permis à El Tri de lancer idéalement sa campagne, dans un stade qui avait déjà accueilli les finales de 1970 et 1986. À Los Angeles, les États-Unis ont débuté leur tournoi par une victoire convaincante contre le Paraguay, avant de confirmer face à l’Australie. Le Canada, de son côté, a évité la défaite en accrochant la Bosnie-Herzégovine. Les trois co‑hôtes ont donc réussi leur entrée en matière, une première encourageante pour cette édition nord-américaine.

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RDC-Pass : Tshisekedi lance l'identité numérique nationale, ce que ça change pour les Congolais
RDC-Pass : l'identité numérique pour tous

Un lancement très attendu au cœur de Kinshasa

C'est dans l'enceinte du Centre culturel et artistique des pays d'Afrique centrale, à Kinshasa, que s'est joué samedi 13 juin un moment que beaucoup d'observateurs de la transformation numérique congolaise attendaient depuis plusieurs mois. Le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a procédé, en personne, au lancement officiel du « RDC-Pass », un nouveau système national d'identification numérique présenté comme l'un des projets phares de la stratégie « RDC Digital Nation 2030 », portée par le chef de l'État lui-même. L'objectif affiché est ambitieux : faire de la République démocratique du Congo une nation numérique moderne et un véritable hub technologique à l'échelle du continent africain à l'horizon 2030.

Dans son allocution, le président congolais n'a pas hésité à employer des mots forts pour qualifier la portée de cette réforme. Selon ses propres termes, il ne s'agirait pas d'une réforme isolée, mais d'un jalon essentiel dans l'ambition de faire de la République démocratique du Congo une nation digitale, souveraine, connectée et innovante à l'horizon 2030. Une formulation qui place d'emblée le RDC-Pass au-delà du simple cadre administratif, et qui en fait un symbole politique autant qu'un outil technique.

Concrètement, le RDC-Pass est conçu comme un identifiant numérique personnel, unique, fiable, sécurisé et entièrement gratuit, attribué à chaque citoyen congolais. Il doit permettre d'accéder plus facilement à une série de services publics numériques de l'État, qu'il s'agisse de démarches administratives comme l'obtention d'un passeport ou d'un permis de conduire, ou de services financiers et sociaux. Selon le président Tshisekedi, à terme, les Congolais ne devraient plus avoir à fournir les mêmes informations à plusieurs administrations différentes, ni subir les lenteurs traditionnellement associées au cloisonnement des services publics. Une promesse qui, si elle se concrétise, représenterait un changement de pratique significatif pour des millions d'usagers habitués à des démarches souvent longues et redondantes.

Économie
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Croissance Afrique subsaharienne 2026 : 4,1 % de PIB, entre résilience économique et fragilités structurelles
Afrique subsaharienne : 4,1 % de croissance

4,1 % de croissance : une stabilité en trompe-l’œil

L’Afrique subsaharienne affiche une résilience certaine. Après avoir traversé une décennie de chocs successifs – pandémie de Covid-19, inflation post- Covid, guerre en Ukraine – la région est parvenue à stabiliser son activité. Selon la Banque mondiale, la croissance du PIB devrait atteindre 4,1 % en 2026, un niveau identique à celui de 2025. L’institution avait pourtant anticipé une accélération à 4,4 % dans ses projections d’octobre 2025. Cette révision à la baisse de 0,3 point traduit l’émergence de nouvelles menaces, plus difficiles à maîtriser car elles échappent largement aux politiques locales : tensions géopolitiques, flambée des prix des matières premières et durcissement des conditions financières internationales. Le FMI est encore plus prudent. Dans ses Perspectives économiques régionales d’avril 2026, il table sur 4,3 %, contre 4,5 % en 2025, et insiste sur « les risques baissiers considérables » dans un « contexte d’incertitude mondiale élevée ».

Je retiens surtout que derrière ces chiffres se cache une réalité à deux vitesses. La consommation privée et l’investissement domestique continuent de soutenir l’activité, dopés par des politiques monétaires toujours accommodantes dans plusieurs pays. Mais ce socle est fragile. La Banque mondiale souligne que « la reprise perd de son élan », et que les économies africaines peinent à retrouver leur niveau d’avant-chocs multiples. Ce que ces moyennes occultent, c’est l’extrême hétérogénéité de la région : certaines nations progressent à plus de 7 %, d’autres stagnent, voire régressent. Il n’y a donc pas une Afrique subsaharienne, mais des trajectoires qui divergent de plus en plus.

Économie
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Agriculture – Crise alimentaire en Afrique de l'Ouest : la Banque mondiale accélère sur un programme de résilience à 46 M$
Afrique : l’agriculture passe à l’innovation

52,8 millions de personnes menacées : le spectre de la faim s’aggrave au Sahel

La région de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel traverse une crise alimentaire et nutritionnelle d’une ampleur inédite. Selon les dernières analyses du Cadre Harmonisé réalisées dans 15 pays, plus de 41,8 millions de personnes se trouvent actuellement en situation d’insécurité alimentaire aiguë. Si aucune action supplémentaire n’est engagée, ce chiffre pourrait atteindre 52,8 millions durant la période de soudure, qui s’étend de juin à août 2026. Quatre pays – le Nigéria, le Tchad, le Cameroun et le Niger – concentrent à eux seuls 77 % des personnes touchées. Plus alarmant encore, plus de 15 000 personnes dans l’État de Borno, au nord-est du Nigéria, risquent de basculer dans une situation de « Catastrophe » (phase 5 de l’échelle du Cadre Harmonisé), ce qui constituerait un seuil critique rarement atteint depuis une décennie.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) va encore plus loin dans son évaluation, estimant que 55 millions de personnes dans la région pourraient souffrir de la faim à un niveau de crise ou pire d’ici l’été 2026. Plus de 13 millions d’enfants devraient également souffrir de malnutrition cette année.

Je regarde ces chiffres avec effroi : derrière chaque million se cachent des vies réduites à la survie, des mères qui ne peuvent plus nourrir leurs enfants, des agriculteurs qui abandonnent des terres ancestrales. L’ironie tragique est que l’Afrique de l’Ouest, berceau de civilisations agricoles millénaires, ne parvient plus à produire suffisamment pour ses propres enfants. La faim progresse non pas parce qu’il n’y aurait pas assez à manger sur la planète, mais parce que l’accès à la nourriture est devenu un privilège, là où il devrait être un droit fondamental.

Les causes de cette aggravation sont multiples et interconnectées. Les conflits armés persistants – dans le bassin du Lac Tchad, la région du Liptako-Gourma qui chevauche le Mali, le Burkina Faso et le Niger, ainsi que les régions anglophones du Cameroun – limitent l’accès aux terres agricoles et perturbent les marchés. Les chocs climatiques – sécheresses prolongées, inondations, invasion de criquets – réduisent les rendements agricoles. L’inflation galopante et la hausse des prix des denrées alimentaires et des intrants agricoles pèsent lourdement sur les ménages les plus pauvres. Enfin, la baisse des financements humanitaires réduit la capacité des organisations à répondre aux besoins urgents.

Selon un responsable de la FAO, la crise alimentaire résulte d’une combinaison de facteurs qui se renforcent mutuellement. L’insécurité persistante, les chocs climatiques, la pression économique et la baisse des financements compromettent les efforts de prévention et la couverture des besoins prioritaires. La FAO appelle à une action collective urgente pour renforcer la réponse humanitaire et mettre en place des solutions durables, mais les fonds manquent.

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Semaine du 25 mai 2026 : l'Afrique face à l'Ébola, le PSG sacré en Ligue des Champions et la guerre qui reprend au Liban
PSG bicampeón, RDC malade, Liban en flammes

L'Ébola Bundibugyo : l'Afrique centrale sous haute surveillance sanitaire

Il y avait dans l'air, cette semaine-là, quelque chose de déjà-vu et d'infiniment inquiétant. La République démocratique du Congo fait face depuis la mi-mai 2026 à sa dix-septième épidémie de maladie à virus Ébola depuis la découverte du pathogène en 1976 sur les rives de ce fleuve qui lui a donné son nom. Mais cette fois, la particularité est de taille : la souche en cause est le variant Bundibugyo, l'une des espèces les moins connues du genre Ebolavirus, contre laquelle il n'existe à ce jour aucun vaccin approuvé, aucun traitement ciblé. Un vide médical qui a plongé les autorités sanitaires dans une course contre la montre.

Le 15 mai, le ministère congolais de la Santé déclarait officiellement l'épidémie dans la province de l'Ituri, au nord-est du pays, après qu'un premier cas suspect fut recensé dès le 20 avril. Deux jours plus tard, le 17 mai 2026, le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, franchissait un seuil historique en déclarant une urgence de santé publique de portée internationale — fait notable : c'était la première fois qu'un directeur général de l'OMS activait ce mécanisme avant même de réunir son comité d'urgence. Un geste qui en dit long sur la gravité perçue de la situation.

Au 19 mai 2026, le bilan provisoire faisait état de 131 décès et de 513 cas suspects en RDC, dont des foyers actifs à Bunia, Butembo et Goma — cette dernière ville, sous contrôle du groupe armé M23, ajoutant une couche supplémentaire d'insécurité aux opérations humanitaires. Un cas positif avait également été confirmé à Kampala, en Ouganda, alertant sur le risque de franchissement des frontières. La ville de Goma, noeud névralgique du commerce et des déplacements dans l'est congolais, cristallise toutes les angoisses épidémiologiques : une femme dont le mari venait de succomber au virus à Bunia a été confirmée positive après s'être déplacée dans la cité lacustre.

Face à cette flambée, la communauté internationale s'est mobilisée. Le gouvernement français a tenu le 18 mai une réunion de coordination interministérielle à Matignon et a renforcé la surveillance à Mayotte, territoire ultramarin dont la position géographique en fait un point de vigilance. Au Canada, une évaluation rapide des risques a été publiée. À Brazzaville, le Premier ministre congolais Anatole Collinet Makosso s'est lui-même félicité que les assemblées annuelles de la BAD aient pu se tenir, la capitale congolaise ne comptant aucun cas suspect confirmé.

Ce que cette épidémie révèle, au fond, c'est l'équation impossible à laquelle est confrontée la RDC : un territoire immense, des infrastructures sanitaires fragiles, des conflits armés persistants dans les zones d'endémie, et des financements internationaux qui ont drastiquement diminué ces dernières années. Le professeur Mohamedi Janabi, directeur du bureau régional de l'OMS pour l'Afrique, l'a dit sans ambages : la peur elle-même est une épidémie. Gérer l'une sans maîtriser l'autre relève d'un exercice diplomatique et médical de haute voltige.

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Ebola en RDC 2026 : pourquoi la 17e épidémie causée par le virus Bundibugyo représente un défi sanitaire et sécuritaire inédit pour l'est du Congo
Ebola en RDC : une 17e épidémie alarmante

Ebola en RDC 2026 : quand la maladie rencontre la guerre

Il y a des moments où une crise sanitaire cesse d'être un simple problème de santé publique pour devenir le révélateur brutal de toutes les failles d'un système — politique, sécuritaire, humanitaire. La République démocratique du Congo vit un de ces moments depuis le 15 mai 2026, date à laquelle le gouvernement a officiellement déclaré la 17e épidémie de maladie à virus Ebola de son histoire. Une épidémie qui, cette fois, frappe avec une particularité qui glace les experts : elle est causée par la souche Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin homologué ni aucun traitement spécifique n'existe à ce jour.

En l'espace de quelques jours seulement, le tableau épidémique s'est assombri avec une rapidité déconcertante. Plusieurs provinces de l'est congolais — dont l'Ituri et le Nord-Kivu — ont été touchées, et le virus a franchi les frontières nationales pour atteindre l'Ouganda voisin, où sept infections confirmées, dont un décès, ont été recensées au 28 mai. Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a posé le pied à Kinshasa le soir du 28 mai dans un geste fort : sa présence sur le terrain était un message autant qu'une nécessité opérationnelle. « Même si la situation est complexe, je pense qu'on peut arrêter cette chose », a-t-il déclaré à sa descente d'avion.

Politique
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RDC : Félix Tshisekedi et la tentation du troisième mandat – Comment la révision constitutionnelle divise Kinshasa
RDC : Tshisekedi vise un troisième mandat

Un tabou qui tombe : le président congolais ne se cache plus

Longtemps considérée comme une hypothèse lointaine, la question du troisième mandat de Félix Tshisekedi s’est brutalement imposée au centre du débat politique congolais. À Kinshasa, le tabou a fini par tomber : après avoir laissé ses alliés préparer l’opinion à l’idée de son maintien au pouvoir après 2028, le chef de l’État lui‑même a évoqué la possibilité d’une révision constitutionnelle. La Constitution congolaise est pourtant claire : « Le mandat du président de la République n’est renouvelable qu’une seule fois » et aucune révision ne peut toucher cette disposition.

Mais la réalité politique est souvent plus souple que le droit écrit. Depuis plusieurs mois, des proches du pouvoir ont multiplié les déclarations en faveur d’une modification de la Loi fondamentale. L’argument avancé est celui de la « stabilité » et de la « continuité des réformes », dans un pays où l’Est est en proie à une guerre meurtrière entre l’armée et les rebelles du M23 appuyés par le Rwanda. Les partisans du troisième mandat estiment que changer de président en pleine crise serait dangereux pour l’unité nationale.

L’opposition dénonce au contraire un « hold‑up constitutionnel ». Fred Bauma, figure de la société civile, a ainsi accusé le président Tshisekedi de « plier les institutions à la volonté d’un individu ». L’activiste dénonce une dérive autoritaire comparable à celles d’Alpha Condé en Guinée ou de Denis Sassou Nguesso au Congo‑Brazzaville, qui ont tous deux modifié la Constitution pour se maintenir au pouvoir. La référence est lourde de sens dans une région où les transitions démocratiques sont souvent restées inachevées.

Politique
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Tshisekedi et le troisième mandat : entre guerre à l'est et tentation du pouvoir, la RDC à la croisée de l'histoire démocratique africaine
"Si le peuple le veut" : Tshisekedi teste l'opinion
"Si le peuple le veut" : la phrase la plus dangereuse de la politique africaine en 2026 — décryptage

La phrase qui change tout

Kinshasa, mercredi 6 mai 2026, 14h30. Dans une salle comble réunissant la quasi-totalité des membres du gouvernement et des dizaines de journalistes nationaux et internationaux, Félix Tshisekedi prend la parole. Pendant près de trois heures, le président de la République démocratique du Congo — le pays le plus peuplé de l'espace francophone au monde, avec ses quelque 105 millions d'habitants — parle vrai, selon les mots de ses conseillers. Sans langue de bois.

Sur la question des élections de 2028, il est direct : «Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement, on ne pourra pas organiser les élections en 2028.» Et quand la question d'un troisième mandat lui est soumise, il répond avec cette formule désormais célèbre dans les chancelleries du monde entier : «Je n'ai pas sollicité de troisième mandat, mais si le peuple le souhaite, j'accepterai.»

Deux phrases qui, prises ensemble, forment un message politique d'une clarté redoutable. La première affirme que la guerre peut justifier un report électoral. La seconde ouvre la porte à un changement constitutionnel. Or, la Constitution congolaise est formelle : deux mandats présidentiels, un point c'est tout. Félix Tshisekedi, élu en 2018 dans des conditions controversées puis réélu en décembre 2023 avec 73 % des voix, arrive au terme de son deuxième et dernier mandat en janvier 2029.

Pour comprendre la portée de cette déclaration, il faut d'abord comprendre l'homme, le pays et le continent.

QUI EST FÉLIX TSHISEKEDI ET D'OÙ VIENT-IL ?

L'héritier inattendu du «combat du peuple»

Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo est né le 13 juin 1963 à Léopoldville — l'actuelle Kinshasa. Il est le fils d'Étienne Tshisekedi, figure emblématique de l'opposition congolaise, fondateur de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Durant des décennies, son père a incarné la résistance au régime de Mobutu Sese Seko, puis à celui de Laurent-Désiré Kabila et de Joseph Kabila. Étienne Tshisekedi est mort en 2017, avant d'avoir jamais exercé le pouvoir — une trajectoire tragique qui a nourri la mystique familiale.

Félix a grandi entre la Belgique et la RDC, formé à l'École supérieure de commerce de Bruxelles. Il reprend la tête de l'UDPS à la mort de son père. En 2018, dans des conditions électorales que de nombreux observateurs jugent frauduleuses — avec des soupçons persistants d'un accord de coulisse entre Kabila et Tshisekedi pour écarter le troisième candidat, Martin Fayulu — il remporte la présidentielle et devient le premier dirigeant à accéder au pouvoir par transition électorale dans l'histoire de la RDC.

Cette accession au pouvoir dans un contexte d'opacité électorale a durablement marqué la légitimité perçue de Tshisekedi. Ses partisans rappellent que sa réélection en décembre 2023 avec 73 % des voix face notamment à Moïse Katumbi lui a fourni une légitimité populaire incontestable. Ses détracteurs soulignent que les conditions de 2023 restaient loin des standards d'une élection pleinement libre et transparente dans un pays de la taille d'un continent.

L'UDPS et sa relation ambiguë à la Constitution

Un élément crucial pour comprendre les déclarations de Tshisekedi est l'histoire de son propre parti avec la Constitution congolaise de 2006. Il l'a lui-même rappelé lors de sa conférence de presse du 6 mai : l'UDPS a toujours contesté cette Constitution, qu'elle considère comme un texte imposé dans des conditions peu démocratiques sous le régime de Joseph Kabila. Pour Tshisekedi et ses proches, la révision de la Constitution n'est pas un coup de force : c'est une revendication ancienne du camp démocratique tel qu'il se définit lui-même.

Mais ses opposants rétorquent que cette logique est circulaire et dangereuse : si chaque dirigeant peut contester la Constitution qui limite son mandat, le concept même de règle du jeu institutionnelle perd tout sens. «On ne peut pas à la fois se dire démocrate et agir de façon à détruire les fondements institutionnels de la démocratie», résume l'opposant Delly Sessanga, cité par La Nouvelle Tribune.

Judiciaire
Français
Mort d’Etienne Davignon à 93 ans : l’ancien commissaire européen emporte les secrets de l’affaire Lumumba dans sa tombe... ou presque.
Étienne Davignon meurt avant son procès Lumumba
De Bruxelles à Bilderberg, en passant par le Katanga : qui était vraiment Étienne Davignon, l'aristocrate belge aux mille visages ?

Il s'appelait Davignon. Étienne, comte, 93 ans. Et il s'est éteint avec les réponses.

Ce lundi 18 mai 2026, une page s'est tournée sur la Belgique profonde — celle des palais et des coulisses, des télex codés et des poignées de mains dont on ne parle jamais. Étienne Davignon, diplomate, homme d'affaires, commissaire européen, président du mystérieux groupe Bilderberg et dernier survivant d'une histoire que beaucoup auraient préféré voir mourir avant lui, s'est éteint à l'âge de 93 ans. Il laisse derrière lui une trajectoire aussi dense que les silences qu'il a su entretenir. Il laisse aussi, et surtout, une affaire — l'affaire Lumumba — dont il était, jusqu'à ce matin, le dernier acteur encore capable de parler. Ou de se taire.

La nouvelle s'est répandue dans les rédactions avec la lourdeur des fins de chapitre. À Kinshasa, à Paris, à Bruxelles, dans les cercles académiques et les milieux de la diaspora congolaise, elle a été reçue avec ce mélange particulier de soulagement et d'amertume qui accompagne toujours les morts qui emportent des vérités. Car Davignon ne part pas seul. Il emporte avec lui la possibilité d'un procès. Et peut-être la dernière chance d'une confession.

Politique
Français
RDC en crise budgétaire 2026 : Judith Suminwa dépose en urgence une loi de finances rectificative face aux retards de salaires, au déficit FMI et au coût du conflit armé à l'Est
Suminwa révise d'urgence le budget RDC en mai 2026

Le budget de décembre, mort en mars : la promesse et la réalité

Il y a des budgets qui ressemblent à des architectures de papier — admirables dans leur conception, fragiles devant les vents contraires. Le budget 2026 de la République démocratique du Congo est peut-être l'illustration la plus brutale de ce paradoxe congolais : un pays dont les indicateurs macroéconomiques affichent une résilience insolente, une croissance du PIB réel attendue à plus de 5,5% selon le Fonds monétaire international, et une dette publique ramenée à seulement 18,1% du PIB fin 2025 — soit l'une des plus faibles d'Afrique subsaharienne —, mais dont le quotidien budgétaire est celui d'un État qui court perpétuellement après ses propres recettes.

Le 29 décembre 2025, la loi de finances initiale pour l'exercice 2026 était promulguée avec des ambitions réelles. Arrêtée à 54 335,8 milliards de francs congolais, soit environ 22 milliards de dollars américains, elle enregistrait une progression de 7,2% par rapport à l'exercice 2025, et affichait des priorités claires : sécurité nationale, consolidation de la paix, amélioration des salaires des agents et fonctionnaires de l'État, infrastructures scolaires, sanitaires, routières, ferroviaires et aéroportuaires. Le secteur des affaires économiques — avec une enveloppe globale de 11 972 milliards de francs congolais — se positionnait en tête des allocations budgétaires, orientées principalement vers l'agriculture, les infrastructures, les transports et l'énergie.

Mais ce budget porté par Judith Suminwa n'aura résisté que quelques semaines. Dès le premier trimestre 2026, les fissures sont apparues. La mobilisation des recettes s'est révélée en deçà des prévisions. Le cadre macroéconomique qui servait de socle aux hypothèses budgétaires — élaborées en 2025 dans un contexte de conflit déjà difficile mais dont l'ampleur financière avait été sous-estimée — a commencé à tanguer. Les retards de salaires, chroniques dans l'administration congolaise, ont resurgi avec une acuité nouvelle. Et le Conseil des ministres du 20 février 2026, présidé par Félix Tshisekedi, avait dû remettre au centre des échanges "la question sensible du retard dans le paiement des agents et fonctionnaires de l'État", instruisant la réalisation d'un audit complet de l'état liquidatif de la paie dans un délai de trente jours.

La justification officielle du gouvernement — des "ajustements techniques dans le système de paie" selon les déclarations de la primature après une réunion conduite par Judith Suminwa — n'a convaincu ni les fonctionnaires en attente de leurs traitements ni l'Assemblée nationale, qui avait prévu dès le 5 mars 2026 des réunions de contrôle avec les ministres des Finances et du Budget pour évaluer l'exécution du premier trimestre. Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, avait affirmé de son côté que "le gouvernement dispose des moyens nécessaires" et que tous les salaires seraient payés — mais la rhétorique rassurante peinait à masquer la réalité d'une trésorerie de l'État sous pression.

Cinq mois après sa promulgation, le budget 2026 avait besoin d'une révision profonde. Le 10 mai, Judith Suminwa a sommé le gouvernement de déposer le projet de LFR avant la clôture de la session parlementaire. Le 16 mai, les travaux techniques ont officiellement démarré. Ce 18 mai, l'agenda des assises se poursuit avec l'audition de dix autres secteurs ministériels, dont l'Agriculture, le Commerce extérieur, les Affaires foncières et le Portefeuille. L'urgence est là. Et ce n'est pas un simple exercice comptable.

Judiciaire
Français
Blanchiment d'argent : ce que risque Gims et les questions que l'affaire soulève
Gims face à la justice : Rap et grand banditisme liés ?

Que reproche exactement la justice à Gims ?

La qualification juridique retenue par les juges d'instruction est lourde. Gims est poursuivi pour « blanchiment aggravé » et « blanchiment en bande organisée de biens ou fonds provenant d'un délit de fraude fiscale aggravée ». Concrètement, cela signifie que les magistrats soupçonnent l'artiste d'avoir participé, au sein d'un groupe structuré, à des opérations visant à dissimuler l'origine illicite de fonds importants.

Selon les informations du journal Le Monde, confirmées par plusieurs sources, la justice reproche à Gims une implication allant bien au-delà de la simple promotion d'un projet immobilier douteux. Les enquêteurs ont identifié plus de huit millions d'euros de flux financiers suspects ayant transité entre des sociétés artistiques liées au chanteur et des structures spécialisées dans le blanchiment.

Le mécanisme présumé, décrit par l'avocat Me Adrien Gabeaud, consiste à « acheter du cash » pour « financer de manière non déclarée tel ou tel achat » et « échapper aux obligations déclaratives sociales ». Dans le cas de Gims, ces espèces auraient pu servir à rémunérer des prestations non déclarées liées à ses activités artistiques ou à financer son train de vie.

Le parquet national anticriminalité organisée a précisé que ces investigations s'inscrivent dans un dossier « important de blanchiment avec plus de 2 000 sociétés impliquées », selon les déclarations de la procureure Vanessa Perrée.

Judiciaire
Français
Affaire Gims : tout comprendre aux soupçons de blanchiment d'argent qui visent la mégastar du rap français
Le "choco" qui accuse Gims : Sunset Village, le projet maudit

Une interpellation spectaculaire à Roissy

Le mercredi 25 mars 2026, aux alentours de midi, Gandhi Djuna, plus connu sous le nom de Gims, est arrêté par les agents du Service national de la douane judiciaire (SNDJ) dès sa descente d'avion à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. L'artiste, qui figure parmi les plus gros vendeurs de disques en France, est immédiatement placé en garde à vue dans le cadre d'une commission rogatoire délivrée par des juges d'instruction parisiens.

L'information, d'abord révélée par le site Africa Intelligence, est rapidement confirmée par le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), une instance créée en début d'année 2026 pour centraliser les dossiers de criminalité organisée les plus complexes. Le lendemain, jeudi 26 mars, le Pnaco annonce que la garde à vue de la star est prolongée.

Contacté par l'AFP, l'avocat de Gims, Me David-Olivier Kaminski, n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat. L'arrestation du chanteur, habitué des sommets des charts et des Victoires de la Musique, provoque une onde de choc dans l'industrie musicale française.

Culture
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Les 10 artistes congolais les plus streamés en France en 2025 : vitalité artistique du Congo-Kinshasa dans l’écosystème musical francophone
Les 10 artistes congolais les plus streamés en France en 2025
PHOTO: ANEMO AGENCY/ANEMOAGENCY.COM

Un classement révélateur de la vitalité culturelle congolaise

Billboard France a publié au mois de juillet 2025 son classement des artistes congolais les plus streamés en France au cours du premier semestre. Une photographie intéressante de l’influence de la scène musicale du Congo-Kinshasa sur les plateformes de streaming francophones.

En tête : Fally Ipupa. L’artiste, qui cumule des millions d’écoutes mensuelles sur Spotify et Deezer, précède deux figures légendaires de la rumba congolaise : Koffi Olomidé et Ferre Gola. Ces trois noms forment le trio de tête d’un classement où l’on retrouve aussi bien des figures de la scène gospel comme Moïse Mbiye ou Dena Mwana que des représentants du ndombolo moderne à l’image de Gaz Mawete ou Innoss’B.

Ce palmarès, basé sur les données agrégées de Spotify, Deezer et Apple Music, démontre non seulement la résilience du genre rumba/ndombolo mais aussi sa capacité à évoluer et à conquérir une audience internationale, notamment en France, principal relais du soft power culturel congolais en Europe.

Culture
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Koffi Olomide : ouverture de la billetterie pour l’ING Arena dès mardi 29 juillet
Billeterie ouverte pour Koffi Olomide

Billetterie ouverte dès mardi 29 juillet pour le concert de Koffi Olomide

C’est désormais officiel : la billetterie du concert de Koffi Olomide à l’ING Arena de Bruxelles ouvrira ce mardi 29 juillet. L’annonce a été relayée par les organisateurs et confirmée lors d’une rencontre publique avec l’artiste à l’Hôtel de Ville de Bruxelles. Ce concert, prévu pour le 6 septembre, s’annonce comme l’un des grands rendez-vous culturels de la rentrée dans la capitale belge.

Les billets seront disponibles via les plateformes officielles, avec plusieurs catégories tarifaires selon les zones. La vente en ligne est attendue dès 10h du matin.

Culture
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Koffi Olomide confirme son concert à l’ING Arena de Bruxelles et annonce l’ouverture de la billetterie
Koffi Olomide séduit Bruxelles avant son concert

Une apparition attendue à l’Hôtel de Ville de Bruxelles

Koffi Olomide s’est présenté ce vendredi 25 juillet à 17h précises dans la capitale européenne. À l’heure convenue, l’icône de la musique congolaise a fait son entrée à l’Hôtel de Ville de Bruxelles pour confirmer la tenue de son concert à l’ING Arena, prévu le 6 septembre prochain. Lors de cette rencontre, à mi-chemin entre conférence de presse et réunion publique, il a également annoncé l’ouverture officielle de la billetterie à partir du mardi 29 juillet.

Culture
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Koffi Olomide Confirms Concert at Brussels ING Arena and Announces Ticket Sales
Koffi Olomide Set for ING Arena

A Long-Awaited Appearance at Brussels City Hall

Koffi Olomide arrived punctually at 5 p.m. on Friday, 25 July in the Belgian capital. As expected, the iconic Congolese musician made his entrance at Brussels City Hall to officially confirm his 6 September performance at the ING Arena. During this public meeting, part press conference and part cultural gathering, he announced the official opening of ticket sales from Tuesday, 29 July.

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Deuil, pouvoir et foi : la nouvelle union du pasteur congolais Marcello Tunasi
Le pasteur Marcello Tunasi se remarie à Bruxelles

Le 23 juillet 2025, dans une cérémonie exclusive organisée à Bruxelles, le pasteur Marcello Tunasi, âgé de 50 ans, épousera Esther Aïcha, fidèle et proche collaboratrice de son église. L’annonce avait été faite la veille, le 20 juillet, au cours d’un service à Kinshasa, confirmant ainsi que le mariage se tiendrait précisément un an après le décès tragique de sa première épouse, Blanche Odia Kandolo Tunasi, emportée le 12 juin 2024 d’une crise cardiaque en Turquie.

Dans les mois ayant suivi ce deuil brutal, le pasteur avait exprimé son besoin de ne pas rester célibataire, déclarant : « Je n’ai pas l’onction du célibat », laissant entendre qu’il envisageait de tourner la page. Ce choix s’inscrit dans une logique personnelle et spirituelle clairement assumée.

Culture
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Francofolies de Spa 2025 : Dadju transporte le RnB dans la cité thermale
Dadju ambiance les Francofolies de Spa

Ambiance électrique sur la scéne Pierre Rapsat

Le 18 juillet, la scène Pierre Rapsat a vibré au rythme des basses de Dadju. Sous les étoiles ardennaises, plusieurs milliers de festivaliers, massés devant la scène principale, ont offert une mer de smartphones pour immortaliser le show. Le chanteur a ouvert le concert avec Reine, immédiatement suivi d’un enchaînement de ses succès, installant une ambiance chaude et chorale. Les moments forts se sont succédés, amplifiés par des effets lumineux et un son puissant, donnant un relief nocturne unique à Spa.

Culture
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Ferré Gola's Private Concert in Brussels: A Maestro and His Audience in Harmony
Inside Ferré Gola’s Private July Concert
What Happened at Ferré Gola’s Secret Brussels Concert? Find Out in August in The Singularité Magazine. Ferré Gola, in Bruxelles, Belgium, July 12th 2025. Photo: Giacomo Kaswaba Kieusi (Anemo Agency/ANSAAB).

An Exclusive Evening for a Privileged Audience

Held in a discreet location, the 12 July concert differed significantly from Ferré Gola's recent appearance at the ING Arena. While that performance catered to a large crowd, this event was designed for proximity and resonance.

No excessive promotion preceded the event, yet word quickly spread through dedicated networks. Those in attendance included long-time fans, cultural figures and music lovers from the Congolese diaspora. The stripped-back setting allowed the music to speak for itself—and it did, powerfully.

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