Andrea Kimi Antonelli (Mercedes) a remporté le 78e Grand Prix de Monaco, dimanche 7 juin 2026, signant sa cinquième victoire consécutive et devenant à 19 ans le plus jeune vainqueur de l’histoire de l’épreuve. Lewis Hamilton (Ferrari) termine deuxième, Isack Hadjar (Red Bull) complète le podium. La course a été marquée par des accidents, des pannes moteur et surtout un drapeau rouge exceptionnel provoqué par la désagrégation de la piste après deux crashs spectaculaires de Lance Stroll et Charles Leclerc dans le virage no 19 de la Rascasse.

Antonelli surprend Verstappen, Hamilton déchante – L’histoire se joue au millième de seconde

Dans les jours précédant le Grand Prix, les regards étaient braqués sur la bataille interne chez Mercedes, après l’accrochage tendu entre Kimi Antonelli et George Russell au Canada. Le ton était donné : « On continuera à se battre, mais plus intelligemment », avait promis l’Italien. De son côté, le patron Toto Wolff menaçait de mettre son grain de sel si les débordements compromettaient les points de l’écurie. Mercedes avançait donc sur la sellette, tandis que Ferrari affichait des performances encourageantes lors des essais libres.

Mais c’est une autre bataille qui a tenu le public en haleine lors des qualifications, samedi 6 juin. Sur le circuit de 3,337 km où doubler relève presque du miracle, la pole position se joue à des fractions de seconde. Kimi Antonelli a sorti le grand jeu : un tour canon en 1:12,051, juste 0,043 seconde devant Max Verstappen (Red Bull). L’écart était infime, pourtant c’est bien l’Italien de 19 ans qui s’emparait de la première place sur la grille, devant un Lewis Hamilton qui n’avait jamais semblé aussi mal à l’aise dans sa Ferrari.

Le septuple champion du monde, dominateur vendredi, n’a pas retrouvé les mêmes sensations en qualification. « Nous avons à peine changé quoi que ce soit, mais la voiture était radicalement différente une fois arrivés en qualifications », a‑t‑il confessé, réclamant une analyse approfondie de la Scuderia. Une alarme qui sonnait déjà creux avant le départ. Pendant ce temps, chez Red Bull, Isack Hadjar déjouait tous les pronostics. Victime d’un violent crash dès les premiers essais libres, le Français a réussi à décrocher la cinquième place sur la grille, presque « miraculeusement », selon ses propres mots. « Je manquais de confiance. Avec le crash d’hier, c’était compliqué », a‑t‑il avoué, lui qui n’avait pas eu la meilleure préparation.

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Verstappen à la peine, Norris abandonne – Le cauchemar des motoristes

Dès l’extinction des feux, le dimanche 7 juin à 15 heures (heure locale), la course a pris un tournant inattendu. Alors qu’il s’élançait en deuxième position, Max Verstappen a immédiatement signalé une perte de puissance. La monoplace ne répondait pas. Derrière lui, les pilotes le dépassaient un à un, le quadruple champion du monde néerlandais se retrouvant relégué en fond de peloton. Au second tour, il rentrait aux stands pour abandonner. Une fin de week-end cauchemardesque pour le taureau rouge, dont la fiabilité semblait prise en défaut. Dans le même temps, Lando Norris (McLaren) et Valtteri Bottas (Cadillac) voyaient eux aussi leur course s’arrêter prématurément à cause de pannes mécaniques. C’était le début d’une hécatombe.

Pendant que certains luttaient pour survivre, Kimi Antonelli, lui, prenait le large. En trois boucles, il creusait déjà un écart de 3,5 secondes sur le reste du peloton. Sa Mercedes glissait sur le bitume monégasque comme sur un tapis rouge. À la fin du dixième tour, l’avance dépassait cinq secondes. Puis dix, puis quinze. Antonelli survolait la course, laissant les autres s’écharmer dans son sillage. George Russell, son coéquipier, tentait bien de hausser le rythme, mais il était coincé derrière un peloton compact et cumulait les pénalités. « La voiture était incroyable et me donnait la confiance pour pousser », a déclaré l’Italien après l’arrivée.

Des nids‑de‑poule au cœur du drame – La piste se désagrège

Pendant que la course s’installait dans une relative torpeur – le train de tête étant désormais bien établi – un danger sourd se préparait. À quelques tours de l’arrivée, alors qu’il ne restait qu’une petite vingtaine de tours à boucler, Lance Stroll (Aston Martin) perdait le contrôle de sa voiture au freinage du virage no 19, la célèbre Rascasse. Sa monoplace terminait sa course dans les protections. D’abord prise pour une simple erreur de pilotage, la sortie de piste était pourtant révélatrice d’un problème bien plus grave.

Lorsque la voiture de sécurité fut déployée, tous les regards se tournèrent vers le revêtement. Des morceaux d’asphalte s’étaient détachés, laissant apparaître une véritable faille sur la trajectoire de freinage. Et pour couronner le tout, Charles Leclerc, le héros local, reproduisait exactement le même crash quelques instants plus tard, sans même que la course n’ait repris. « C’était les freins. Ça n’aide pas d’avoir l’asphalte qui se décolle, mais les données parlent d’elles‑mêmes », s’est emporté le Monégasque, refusant catégoriquement d’endosser la moindre responsabilité. La direction de course n’avait plus le choix : drapeau rouge. La course était suspendue à cause de la « désagrégation de la piste au virage 19 ».

Sur les écrans du monde entier, l’image était aussi choquante qu’inédite. Des commissaires armés de balais tentaient de nettoyer la chaussée pendant qu’un enrobé rapide était coulé pour colmater la brèche. La pause durait quarante minutes. Pendant ce temps, dans le paddock, les stratèges refaisaient tous leurs calculs.

Le Grand Prix de Monaco a été suspendu au 68e tour sur 78 après la découverte de morceaux d’asphalte détachés au virage 19. Six pilotes ont écopé de pénalités pour excès de vitesse dans la voie des stands. Cadillac a marqué ses premiers points en F1 grâce à la 10e place de Sergio Perez.

Sprint final à couper le souffle – Antonelli ne tremble pas

Quand la voiture de sécurité regagna les stands et que les feux s’allumèrent pour un nouveau départ arrêté, l’ambiance était électrique. Antonelli avait vu son avance confortable de près de vingt secondes réduite à néant. Derrière lui, Lewis Hamilton, chaussé de pneus neufs, guettait la moindre faiblesse du jeune prodige. « Je n’étais pas super enthousiaste à l’idée de redémarrer, mais j’ai rassemblé mes émotions et je me suis reconcentré. Une fois parti, je savais que j’allais arriver en P1 », a confié Antonelli.

Au moment de l’extinction des feux, le Britannique tenta le tout pour le tout. Il attaqua à l’intérieur du virage no 1, mais Antonelli, d’une froideur presque troublante pour son âge, referma la porte et reprit sa marche en tête. Plus jamais personne ne menacerait sa position. Le jeune Italien coupa la ligne d’arrivée avec 6,271 secondes d’avance sur son illustre aîné. Lewis Hamilton, lui, égalait un record : huit podiums à Monaco, comme le regretté Ayrton Senna. Mais ce n’était pas la victoire. « C’est bien de s’approcher, mais ce n’est pas suffisant », a confié en aparté un membre de l’équipe.

Isack Hadjar, qui luttait avec une unité de puissance capricieuse, arracha la troisième place sur le fil. Il devançait Oscar Piastri (McLaren) et Liam Lawson (Racing Bulls). Pierre Gasly, initialement troisième, rétrograda à la septième place après avoir écopé de deux pénalités de cinq secondes pour excès de vitesse dans la voie des stands. Au total, six pilotes furent sanctionnés pour cette même infraction, un chiffre inhabituellement élevé.

Les chiffres qui font basculer le championnat – Mercedes respire, Ferrari digère

Au classement des pilotes, le bilan est désormais sans appel. Avec sa cinquième victoire consécutive – il n’avait pourtant encore jamais gagné avant cette saison – Kimi Antonelli porte son total à 156 points. Lewis Hamilton (90 points) lui ravit la deuxième place à George Russell (88 points), qui a terminé treizième et hors des points après avoir écopé d’une pénalité drive‑through. L’écart entre les deux coéquipiers de Mercedes atteint désormais 68 points. Le championnat commence à ressembler à un cavalier seul.

Du côté des constructeurs, Mercedes conforte sa position de leader incontestable (219 points), devant Ferrari (147 points) et McLaren (106 points). L’autre grande histoire de ce week-end vient de Cadillac : Sergio Perez, dixième, a offert à la nouvelle écurie américaine ses tout premiers points en Formule 1. Un petit événement historique dans une saison où les rookies se font rares.

Pourtant, dans l’allée des stands, l’ambiance était loin d’être à la fête pour tout le monde. La piste rénovée, les nids‑de‑poule, ces morceaux de bitume arrachés ont relancé le débat sur l’état du circuit historique. L’édition 2026 restera dans les annales : celle d’une victoire historique pour le plus jeune vainqueur de Monaco, mais aussi celle d’un grand prix qui a failli s’arrêter pour… un effritement de voirie.

Le Grand Prix de Monaco 2026 a tenu toutes ses promesses : du suspense, des records, de la casse, et un vainqueur au sang‑froid aussi impressionnant que sa vitesse. Andrea Kimi Antonelli, 19 ans, vient d’écrire la plus belle page de sa jeune carrière sur l’asphalte le plus capricieux du calendrier. La question désormais : qui peut l’arrêter ?

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Auteur
June 7, 2026 21:27
Crée
June 7, 2026 21:50
Mis à jour
F1 : Antonelli survit au naufrage monégasque
Temps de lecture
June 7, 2026 22:01
Publié

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