KIGALI/NAIROBI/PARIS (LE GRAND COURANT) — Un an après la signature de la Déclaration africaine sur l'intelligence artificielle à Kigali et l'annonce d'un fonds continental de 60 milliards de dollars, le projet peine toujours à se concrétiser. Faute de contributions des États membres, Smart Africa — l'alliance de 42 pays africains chargée de piloter l'agenda numérique du continent — a revu sa stratégie, privilégiant désormais le développement des infrastructures et des usages avant toute levée de fonds. Pendant ce temps, des initiatives alternatives ont émergé : le Conseil africain de l'IA a été officiellement lancé en novembre 2025, un pilote d'IA souveraine dans cinq pays a été annoncé en mars 2026 avec l'entreprise américaine MeetKai, et la Banque africaine de développement, aux côtés du PNUD, a lancé son AI 10 Billion Initiative visant à mobiliser 10 milliards de dollars d'ici 2035. Bilan d'un an contrasté, entre ambitions déclaratives et réalités de terrain.

Le Grand Courant
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Kigali, 3-4 avril 2025 : la pompe et la promesse

Il faut se souvenir de l'atmosphère. Kigali, les 3 et 4 avril 2025. Plus de 3 000 participants venus de 97 pays. Des chercheurs, des responsables politiques, des PDG, des investisseurs. Le Centre pour la quatrième révolution industrielle (C4IR), co-organisateur avec le ministère rwandais des technologies, avait réuni dans la capitale rwandaise ce que l'Afrique comptait d'esprits les plus convaincus que le continent pouvait — devait — jouer un rôle structurant dans la révolution de l'intelligence artificielle mondiale.

Le Global AI Summit on Africa avait tout du grand soir numérique africain. Et il a effectivement produit quelque chose d'inédit : la Déclaration africaine sur l'intelligence artificielle, signée par 54 pays du continent — soit l'intégralité des membres de l'Union africaine. Une signature continentale unanime. Un acte fondateur, symboliquement fort, que ses promoteurs ont présenté comme la preuve que l'Afrique entendait aborder la révolution technologique de son époque non comme consommatrice passive, mais comme actrice informée de sa propre destinée numérique.

La déclaration était ambitieuse dans sa substance. Elle prévoyait la création d'un Panel scientifique africain sur l'IA, composé d'experts du continent et de la diaspora. Elle appelait à un cadre continental de gouvernance des données, harmonisé avec les standards de l'Union africaine. Elle encourageait la création de pôles régionaux d'incubation, appuyés par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Et surtout, elle annonçait la constitution d'un Fonds africain pour l'IA doté de 60 milliards de dollars, financé par des capitaux publics, privés et philanthropiques, pour soutenir les infrastructures de calcul, la recherche, l'entrepreneuriat, la formation de talents et la gouvernance responsable de l'IA.

Soixante milliards de dollars. Le chiffre avait été repris par tous les médias spécialisés africains et quelques grandes rédactions internationales. Pour situer ce chiffre : c'est davantage que le PIB de plusieurs pays africains, et c'est comparable à ce que des acteurs comme OpenAI ou Microsoft ont mobilisé pour leurs propres projets IA. Ce n'était pas une somme modeste. C'était une déclaration de puissance.

Le président rwandais Paul Kagamé, dont le pays compte investir 600 millions de dollars — soit 6% de son PIB — dans le numérique au cours des cinq prochaines années, avait donné le ton avec une formule qui résonnait comme un défi collectif : "L'Afrique ne peut se permettre de rester à la traîne et de devoir à nouveau rattraper son retard. Nous devons adopter, coopérer et être compétitifs, car c'est dans notre intérêt."

Un an plus tard, en mai 2026, la plupart des acteurs interrogés par Jeune Afrique s'accordent sur un constat: le fonds de 60 milliards reste pour l'heure une déclaration d'intention. Les États n'ont pas versé de contributions. La gouvernance du fonds n'est pas encore définie. Et Smart Africa a discrètement révisé sa stratégie.

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Pourquoi les 60 milliards ne sont pas venus : anatomie d'un blocage structurel

Il serait trop simple — et intellectuellement malhonnête — de réduire l'absence de contributions étatiques à un simple problème de volonté politique. La réalité est plus complexe, et comprendre ses ressorts est indispensable pour juger équitablement ce premier anniversaire de la Déclaration de Kigali.

Le premier facteur est la nature même de l'annonce initiale. Les 60 milliards de dollars n'ont jamais été un engagement financier formalisé avec des clés de répartition entre États, un mécanisme de versement défini et un calendrier contraignant. C'était une ambition chiffrée. Une aspiration communiquée avec les attributs du chiffre concret — un chiffre rond, impressionnant, qui a fait mouche dans les titres de presse — mais sans le substrat juridique et institutionnel d'un vrai engagement financier collectif. Pour reprendre la formulation prudente de Jeune Afrique lors du sommet lui-même : "un grand pas dans la course à l'IA, ou du moins dans celle aux déclarations d'intention qui font mouche." Cette nuance n'était pas cruelle. Elle était presciente.

Le deuxième facteur est la contrainte budgétaire des États africains. En 2025-2026, l'environnement macroéconomique africain est sous pression sur de nombreux fronts. La baisse des prix du pétrole fragilise les pays exportateurs. Les conflits armés — RDC, Sahel — absorbent des ressources considérables. L'aide publique au développement mondiale a chuté de 23,1% en 2025 selon l'OCDE. Les États africains ne sont tout simplement pas en position de mobiliser des centaines de millions supplémentaires pour un fonds continental en phase de conception, sans gouvernance définie ni mécanisme clair de retour sur investissement.

Le troisième facteur est la question de la gouvernance. Qui contrôle un fonds de 60 milliards de dollars ? Qui décide de l'allocation des ressources ? Selon quels critères, selon quelles priorités, avec quelle transparence et quels mécanismes d'audit ? Ces questions — fondamentales pour tout investisseur sérieux, qu'il soit public ou privé — n'avaient pas reçu de réponses claires au moment de l'annonce de Kigali. Et ce flou a suffi à ralentir considérablement la dynamique d'engagement.

Smart Africa en a tiré une conclusion qui témoigne d'un certain réalisme : l'organisation a jugé "qu'il n'est pas dans l'intérêt du continent que chacun de ses États dispose de son propre data center souverain". Cette prise de position est importante. Elle signifie que Smart Africa a abandonné l'approche "chaque pays développe sa propre infrastructure" — qui aurait multiplié les redondances coûteuses et les inefficacités — pour lui substituer une vision de mutualisation et d'infrastructure régionale partagée. C'est économiquement plus intelligent. Mais ça demande une coordination politique bien plus exigeante.

Le pivot stratégique de Smart Africa est donc le suivant : avant de lever des fonds, développer les infrastructures et les cas d'usage. Construire des preuves de concept. Démontrer la valeur de l'IA africaine sur des projets pilotes concrets. Et seulement ensuite, capitaliser sur cette démonstration pour mobiliser les investissements privés et institutionnels à grande échelle.

Cette révision stratégique est pragmatique. Elle est peut-être le signe d'une maturité institutionnelle qu'on avait sous-estimée à Kigali. Mais elle ne doit pas masquer un vrai problème : la distance entre l'annonce de 60 milliards et la réalité actuelle érode la crédibilité des grandes déclarations continentales auprès des partenaires internationaux, des investisseurs privés et des populations africaines elles-mêmes.

Ce qui a vraiment avancé : le Conseil africain de l'IA, MeetKai et les initiatives parallèles

Il serait aussi inexact de présenter le bilan post-Kigali comme un vide total. Des avancées concrètes ont eu lieu — moins médiatisées que l'annonce du fonds, mais potentiellement plus structurantes sur le long terme.

La plus significative est la création effective du Conseil africain de l'IA, le 18 novembre 2025, à Kigali, lors du Conseil d'administration de Smart Africa présidé par Paul Kagamé. Après un processus de sélection ayant reçu plus de 400 candidatures de 57 nationalités, un Conseil de 15 membres a été constitué — dont sept ministres africains des Technologies de l'information et de la communication (TIC) — avec une représentation géographique équilibrée et six domaines d'intervention : infrastructures, données, marchés, talents, investissements et gouvernance.

Ce Conseil n'est pas un organe décisionnel au sens fort — c'est un organe consultatif auprès du bureau du Président et du Conseil d'administration de Smart Africa. Mais il représente néanmoins la première instance africaine de coordination multipartite sur l'IA qui soit opérationnelle, réunissant responsables publics, entreprises technologiques, chercheurs et représentants de la société civile. Il soumettra un plan stratégique annuel lors du Sommet Transform Africa. Et sa composition — avec des experts issus à la fois du secteur public, de l'académie, de l'industrie et de la diaspora africaine — lui donne une légitimité que les instances purement gouvernementales n'auraient pas eue.

L'autre avancée notable est le partenariat annoncé lors du Mobile World Congress de Barcelone en mars 2026 entre Smart Africa et l'entreprise américaine MeetKai pour le lancement d'un programme pilote d'IA souveraine dans cinq pays africains. Au cœur de ce projet : le déploiement de "piles d'IA souveraines" — des architectures technologiques permettant aux gouvernements africains de maîtriser l'hébergement de leurs données, le développement de leurs modèles et le déploiement de leurs applications, sans dépendance aux infrastructures cloud étrangères. L'objectif est de bâtir des systèmes d'IA "alignés sur les lois, les institutions et les priorités de développement de chaque pays", et capables d'intégrer les langues africaines pour automatiser des services dans des secteurs critiques : santé, agriculture, éducation et administration publique.

Ce pilote est symboliquement fort — et géopolitiquement intéressant. En choisissant de travailler avec une entreprise américaine plutôt qu'européenne ou chinoise, Smart Africa envoie un signal sur ses préférences en matière de partenaire technologique. Mais la formulation "IA souveraine" — l'idée que les données et les modèles restent dans le pays et sous contrôle national — est une façon de résister à la dépendance vis-à-vis de n'importe quel acteur extérieur, y compris américain. C'est un équilibre délicat à maintenir, mais qui témoigne d'une pensée stratégique plus sophistiquée qu'on pourrait l'imaginer.

En dehors de Smart Africa stricto sensu, d'autres initiatives parallèles ont vu le jour, qui montrent que l'écosystème ne s'est pas endormi sur les déclarations de Kigali. La Banque africaine de développement et le PNUD ont officiellement lancé leur AI 10 Billion Initiative lors du Forum sur l'IA de Nairobi 2026, avec un objectif de mobilisation de 10 milliards de dollars d'ici 2035. Ce chiffre — dix fois moins que l'annonce de Kigali — est plus modeste. Mais il est adossé à un mécanisme institutionnel plus crédible, avec des

nstruments financiers précisément définis. L'Afrique IT News note que les investisseurs européens, qui représentaient 70% des levées de fonds en Afrique entre 2022 et 2024, n'ont pesé que 21% des financements en 2025, les acteurs africains eux-mêmes montant à 41%. Ce rééquilibrage est peut-être le signe le plus encourageant de la période.

Enfin, sur le plan des initiatives nationales, plusieurs pays avancent à leur propre rythme, sans attendre les cadres continentaux. Le Rwanda, dont la Kigali Innovation City devient progressivement un hub d'innovation de classe mondiale, a adopté une stratégie nationale IA 2025-2030. Le Kenya multiplie les programmes de formation et les partenariats infrastructurels. Le Maroc investit dans la recherche appliquée et l'agriculture intelligente. Le Ghana a finalisé sa stratégie nationale IA. Et la RDC a annoncé en février 2026 l'opérationnalisation d'un financement de 500 millions de dollars pour le secteur numérique, mobilisé auprès de la Banque mondiale et de l'AFD.

Le vrai diagnostic : pourquoi l'écosystème de financement africain de l'IA est structurellement fragile

Pour comprendre pourquoi le fonds de 60 milliards est en difficulté — et ce qu'il faudrait vraiment changer pour que l'ambition de Kigali se matérialise —, il faut regarder en face la fragilité structurelle de l'écosystème de financement technologique africain.

Le premier problème est la concentration du financement mondial de l'IA. Selon la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), 40% des dépenses mondiales de recherche et développement dans l'IA se concentrent entre les mains de seulement 100 entreprises — principalement américaines et chinoises. La valeur boursière des géants technologiques comme Apple, Nvidia et Microsoft rivalise avec le produit intérieur brut de l'ensemble du continent africain. Face à cet état de fait, même un fonds de 60 milliards de dollars, s'il était entièrement constitué, représenterait une proportion modeste du financement mondial de l'IA.

Le deuxième problème est la dépendance infrastructurelle. Sans data centers suffisants sur le sol africain — le continent héberge moins de 2% des data centers mondiaux pour 1,4 milliard d'habitants —, sans câbles sous-marins suffisants, sans électricité fiable dans de vastes parties du continent, les meilleures startups africaines d'IA continueront d'utiliser des infrastructures cloud hébergées à Francfort, en Virginie ou à Singapour. Ce n'est pas un problème de volonté. C'est un problème de coût et de temps. Construire l'infrastructure prend des années. Trouver l'électricité fiable à grande échelle prend des décennies dans certaines régions.

Le troisième problème est celui de la régression du financement externe. Alors que l'IA africaine a besoin de capitaux, le contexte international de financement se contracte précisément quand ils seraient le plus nécessaires. La part des investisseurs européens dans les levées de fonds africaines est passée de 70% (2022-2024) à seulement 21% en 2025, selon TechCabal. Cette chute brutale reflète un contexte de taux d'intérêt élevés en Europe, une appétence pour le risque en baisse dans les fonds de capital-risque internationaux, et une attention croissante des investisseurs pour les marchés émergents asiatiques ou latino-américains au détriment de l'Afrique.

Le quatrième problème est l'inadéquation entre les outils de financement existants et les besoins réels de l'écosystème IA africain. Les startups africaines d'IA ont besoin de capital-risque patient, capable d'accompagner des développements de plusieurs années sans rentabilité immédiate. Elles ont besoin de dettes de croissance abordables. Elles ont besoin de financements hybrides qui combinent subvention philanthropique, dette concession nelle et equity. Ces outils existent mais restent insuffisamment développés pour atteindre les volumes nécessaires.

C'est précisément le vide que le fonds de 60 milliards de Kigali était censé combler. L'AI Fund for Africa, tel que l'a conceptualisé le Conseil africain de l'IA, s'articule autour de plusieurs instruments financiers complémentaires : un fonds de fonds de 500 millions pour investir dans des fonds IA spécialisés, des instruments de garantie pour faciliter l'accès aux financements privés, et des facilités de financement de l'infrastructure de calcul. Ce n'est pas un seul grand chèque. C'est une architecture financière complexe — et c'est précisément pour cette raison que sa mise en place prend du temps.

Le chemin qu'il reste à parcourir : entre réalisme prudent et urgence stratégique

Un an après Kigali, la question n'est plus "est-ce que le fonds de 60 milliards va se concrétiser comme annoncé ?" — la réponse est clairement non, du moins pas dans l'immédiat. La question est : quel chemin réaliste existe-il pour que l'Afrique construise vraiment sa souveraineté numérique, avec les ressources et le temps dont elle dispose ?
La réponse de Smart Africa — développer les infrastructures et les cas d'usage avant de lever le capital — est la bonne sur le fond. Elle correspond à ce qu'ont fait les pays qui ont réussi leur transformation numérique : construire d'abord la preuve de valeur, puis attirer le capital. Le Rwanda l'a fait avec ses startups technologiques. Le Kenya l'a fait avec M-Pesa et son écosystème fintech. Ces succès ont créé leur propre attractivité pour les investisseurs.

Mais le pivot stratégique de Smart Africa s'accompagne d'un risque que les équipes de l'organisation connaissent mieux que quiconque : la perte d'élan. Les grandes coalitions africaines ont un historique documenté de résolutions bien formulées qui s'érodent dans l'attente du financement, des comités de coordination, des réunions ministérielles et des sommes présidentiels. Le Conseil africain de l'IA — 15 membres, 6 domaines d'intervention, plan stratégique à remettre au prochain Sommet Transform Africa — est une architecture bien pensée. Mais elle doit produire des résultats visibles rapidement pour rester pertinente aux yeux des États membres.

La piste la plus prometteuse semble être celle des pilotes nationaux avec démonstration de résultats mesurables. Le programme MeetKai dans cinq pays est un test en conditions réelles de la viabilité du modèle d'"IA souveraine" africaine. S'il produit des services publics digitaux plus efficaces, des diagnostics agricoles plus précis, des systèmes d'apprentissage plus adaptés — si, en clair, il démontre que l'IA africaine peut résoudre des problèmes africains avec des données africaines, hébergées en Afrique — alors les 60 milliards du fonds trouveront preneur bien plus facilement.

Il y a une autre dimension qui mérite d'être mentionnée explicitement : la question du rapport avec les partenaires externes. L'Africa Forward de Nairobi — sommet France-Afrique des 11 et 12 mai 2026 — a annoncé des investissements de 3,76 milliards d'euros dans le numérique africain et le lancement d'AI Clusters franco-africains dans six pays. C'est moins que 60 milliards. Mais c'est adossé à un programme France 2030 existant, à des universités françaises réelles (CentraleSupéléc), à des acteurs privés engagés (Orange avec son programme de formation de 3 millions de jeunes) et à une architecture de partenariat moins proclamatoire que celle de Kigali.

Ce parallèle n'est pas une critique de la Déclaration de Kigali. C'est une invitation à la complémentarité. L'ambition africaine de souveraineté numérique et les partenariats extérieurs — français, américain, ou autre — ne sont pas contradictoires si les premiers posent les conditions auxquelles les seconds doivent répondre. Smart Africa, avec son insistance sur la "pile d'IA souveraine" dans le pilote MeetKai — données locales, modèles locaux, déploiement local — montre qu'elle a compris cette logique.

Ce que je perçois dans ce bilan d'un an, c'est moins une défaite qu'une redescente nécessaire de l'enthousiasme déclaratoire vers le travail patient de construction institutionnelle. Kigali a fait ce qu'un grand sommet doit faire : poser un cadre, fixer une ambition, créer une dynamique. La prochaine étape — celle où le bilan sera vraiment décisif — est celle de la livraison. Livraison du plan stratégique du Conseil africain de l'IA. Livraison des résultats du pilote MeetKai. Livraison des premiers investissements de l'AI 10 Billion Initiative de la BAD et du PNUD.

L'Afrique a posé les fondations en 2025. 2026 et 2027 diront si elle sait bâtir dessus. Et je crois — avec la prudence que l'histoire africaine des grandes déclarations impose — que les conditions pour réussir sont meilleures aujourd'hui qu'elles ne l'ont jamais été. Le Conseil africain de l'IA existe. Des pilotes concrets sont lancés. Des investisseurs africains financent des startups africaines. Des pays comme le Rwanda, le Kenya et le Maroc tracent des modèles réplicables.

Les 60 milliards de Kigali n'étaient peut-être pas le bon chiffre. Mais l'impulsion qu'ils ont donnée, elle, était nécessaire. Reste à la transformer en quelque chose qui change vraiment la vie de ceux qui, chaque jour, attendent que la révolution technologique africaine tienne ses promesses.

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Auteur
May 19, 2026 5:29
Crée
May 19, 2026 14:00
Mis à jour
Kigali, un an après : le fonds IA de 60 Mds stagne
2min
Temps de lecture
May 19, 2026 14:00
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