Une dynamique diplomatique sans précédent
Si 2025 a été marquée par une accélération fulgurante du soutien international au plan d’autonomie marocain pour le Sahara, 2026 semble confirmer, et même amplifier, cette tendance. Selon les chiffres avancés par la diplomatie marocaine, 130 pays dans le monde soutiennent désormais l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine, soit plus des deux tiers des États membres de l’ONU, dont trois membres permanents du Conseil de sécurité.
Cette dynamique s’est notamment concrétisée lors du séminaire régional du Comité des 24 de l’ONU (C24) , qui s’est tenu du 25 au 27 mai 2026 à Managua, au Nicaragua. Antigua‑et‑Barbuda y a réaffirmé son soutien à l’initiative marocaine d’autonomie, la qualifiant de « base réaliste » pour parvenir à un règlement définitif du différend régional.
Le représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies, l’ambassadeur Omar Hilale, a profité de cette tribune pour dénoncer le maintien de la question du Sahara à l’agenda du C24. Selon lui, cette inscription est « anachronique » et même « en violation de l’article 12 de la Charte des Nations unies relatif à la primauté du Conseil de sécurité par rapport aux organes subsidiaires de l’Assemblée générale ».
« Désormais l’heure n’est plus aux tergiversations, ni aux discours idéologiques obsolètes, ni aux approches routinières qui ont maintenu pendant des décennies ce différend dans une impasse stérile. C’est le temps de l’action et des actes courageux que le Conseil de sécurité attend des quatre parties. »
Omar Hilale, ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU.
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Au cœur de cette dynamique diplomatique se trouve une avancée majeure intervenue en octobre 2025 : l’adoption de la résolution 2797 par le Conseil de sécurité de l’ONU. Cette résolution a consacré le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine comme « la seule et unique base sérieuse et crédible » pour parvenir à un règlement définitif.
Pour le Maroc, cette résolution est une véritable victoire stratégique. Elle a clarifié le rôle des acteurs impliqués dans le processus politique, désignant explicitement quatre parties : le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Polisario. Surtout, elle a confirmé la responsabilité de l’Algérie – qualifiée de « partie principale à ce conflit artificiel » par les représentants marocains – dans la recherche d’une solution.
La résolution 2797 a également libéré un message sans ambiguïté à l’endroit de l’Algérie, lui demandant de conduire sans délai le recensement et l’enregistrement des populations détenues et séquestrées dans les camps de Tindouf, une étape jugée charnière par Rabat.
Cette reconnaissance internationale se traduit également par des gestes concrets. Quelque 32 représentations consulaires et diplomatiques de plusieurs pays d’Afrique, du monde arabe, d’Amérique latine et des Caraïbes ont été ouvertes à Laâyoune et à Dakhla. Des membres permanents du Conseil de sécurité, en plus de plusieurs pays de l’Union européenne, ont décidé d’étendre leur couverture consulaire et politique aux provinces du Sud et d’investir dans la région.
L’ombre portée de la violence : attaques de Smara et de Guelta
Mais cette embellie diplomatique a été brutalement ternie par une escalade militaire sur le terrain. Le 5 mai 2026, le groupe séparatiste du Polisario a lancé une attaque terroriste contre la ville de Smara, dans les provinces du Sud marocaines. L’attaque, qui a visé des civils, a suscité de vives inquiétudes et condamnations parmi les partenaires internationaux du Royaume.
Pire encore, le 26 mai 2026, alors même que se tenait le séminaire du C24 à Managua, le Polisario a revendiqué de nouveaux bombardements ciblant des positions marocaines dans le secteur de Guelta (zone d’Achrek Tourta), affirmant avoir infligé « des pertes importantes ». Le communiqué, publié uniquement en arabe par la branche militaire du mouvement séparatiste, a été interprété par les observateurs comme une tentative délibérée de défier l’ONU et de rappeler à la communauté internationale que le conflit reste ouvert.
Pour les représentants marocains présents à Managua, la réaction a été immédiate. M’Hamed Abba, membre élu de la région Laâyoune Sakia El Hamra participant au C24, a condamné ce qu’il a qualifié d’« attaques terroristes lâches » du Polisario. Selon lui, ces actes « devraient amener la communauté internationale à s’interroger sérieusement sur la nature réelle de ce groupe séparatiste armé ».
La position algérienne : entre déni et escalade
Derrière les actions militaires du Polisario, tous les regards se tournent vers l’Algérie. Pour la diplomatie marocaine, l’attaque de Smara et les bombardements de Guelta ne sont pas des actions isolées. Ils s’inscrivent dans une stratégie politique plus large pilotée par Alger.
Selon plusieurs analyses sécuritaires régionales, l’Algérie semble avoir choisi l’escalade militaire comme instrument de visibilité politique pour empêcher que le conflit saharien soit considéré comme un dossier réglé sur le plan international. L’objectif serait triple : maintenir une tension permanente dans une région déjà fragilisée par les réseaux terroristes sahéliens, adresser un avertissement direct aux capitales ayant renforcé leur soutien au Maroc, et tenter de freiner l’érosion continue de sa position diplomatique.
Le régime militaire algérien sait que le temps ne joue plus en sa faveur, soulignent les experts. Chaque nouveau soutien international au plan d’autonomie marocain réduit davantage sa marge politique. Chaque ouverture de représentation diplomatique dans les provinces du Sud renforce la position de Rabat. Chaque évolution européenne ou américaine accentue l’isolement stratégique d’Alger sur ce dossier.
Face à cette situation, l’ambassadeur Omar Hilale a été clair à Managua : « Le Maroc, pour sa part, a joint les actes à la parole au lendemain de la résolution 2797 en détaillant son plan d’autonomie, ouvrant ainsi la voie à une atmosphère prometteuse dans les sessions de discussions tenues à Washington et à Madrid. »
Terrain, consulats et avenir du conflit : le Maroc joue la carte de l’ancrage
Pendant que la bataille diplomatique et médiatique fait rage, le Maroc poursuit sur le terrain une stratégie d’ancrage et de développement. La région du Sahara bénéficie d’investissements massifs dans les infrastructures, l’éducation, la santé et l’énergie. L’ouverture de 32 consulats étrangers à Laâyoune et Dakhla n’est pas qu’un symbole politique : elle traduit une reconnaissance de facto de la souveraineté marocaine et attire des investissements directs.
Par ailleurs, le Maroc a réaffirmé sa disponibilité à participer aux négociations politiques sous l’égide des Nations unies, mais exclusivement sur la base du plan d’autonomie. Les États-Unis ont maintenu leur reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara, tandis que plusieurs puissances européennes qualifient désormais publiquement le plan marocain d’autonomie de solution « sérieuse, crédible et réaliste ».
L’équation pour 2026 et au‑delà est donc la suivante : d’un côté, une dynamique diplomatique irrésistible qui isole de plus en plus l’Algérie et le Polisario ; de l’autre, une tentation de l’escalade militaire de la part de ceux qui refusent de voir le conflit se résoudre. Mais comme l’a rappelé M’Hamed Abba devant le C24, la résolution 2797 a clairement désigné l’Algérie comme « partie principale à ce conflit artificiel », et il lui appartient désormais de « poursuivre son engagement politique jusqu’à ce qu’il aboutisse à une solution définitive sur la base du plan d’autonomie sous souveraineté marocaine ».
La question reste entière : l’Algérie saisira‑t‑elle cette main tendue ou choisira‑t‑elle l’isolement et l’affrontement ? La réponse déterminera l’avenir de toute une région.
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