PÉKIN/WASHINGTON (LE GRAND COURANT) — L'indium — métal rare extrait principalement comme sous-produit du zinc et classé "minéral critique" par les États-Unis et l'Union européenne — reste soumis aux contrôles à l'exportation chinois depuis le 4 février 2025, malgré l'accord commercial de Busan d'octobre 2025 qui avait conduit Pékin à suspendre la plupart de ses autres restrictions sur les minéraux stratégiques. Les exportations chinoises d'indium ont chuté de façon spectaculaire au cours des quatorze derniers mois, selon les données douanières citées par la Maison-Blanche. Avec 60% de la production mondiale, la Chine dispose d'une position dominante sur ce minerai dont les États-Unis sont entièrement dépendants aux importations. L'indium est indispensable à la fabrication de puces photoniques de nouvelle génération, de réseaux 6G, d'écrans OLED et des interfaces thermiques des serveurs GPU qui alimentent les data centers d'intelligence artificielle.

Le Grand Courant
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Le fantôme qui pèse des milliards : ce qu'est l'indium et pourquoi vous ne le connaissez pas

Il y a des matières premières dont on entend parler — le cobalt, le lithium, les terres rares. Elles alimentent les rubriques économiques, les discours des ministres de l'Industrie, les rapports des agences de notation. Et puis il y a les autres. Celles qui, pendant des décennies, ont circulé discrètement dans les chaînes d'approvisionnement mondiales, sans fanfare, sans ticker boursier public, sans conférence internationale dédiée. L'indium est de celles-là. Un métal de l'ombre. Un fantôme industriel. Jusqu'au 4 février 2025, date à laquelle le ministère du Commerce chinois et l'Administration générale des Douanes ont publié un communiqué conjoint annonçant des restrictions à son exportation "pour sauvegarder la stabilité nationale".

Ce jour-là, quelques analystes économiques et un nombre restreint de responsables industriels ont compris que quelque chose venait de changer. Le grand public n'a rien vu. Les marchés financiers ont à peine bronché. Et pourtant, le signal était extraordinairement clair pour qui savait le lire.
Avant d'expliquer pourquoi, il faut d'abord répondre à la question la plus simple : qu'est-ce que l'indium ?

L'indium (In, numéro atomique 49 dans le tableau périodique) est un métal mou, argenté, avec un point de fusion remarquablement bas. Il n'existe pas dans la nature à l'état pur — il faut le chercher dans les résidus du traitement du zinc, dont il est un sous-produit systématique mais marginal. La production mondiale primaire tourne autour de 800 à 900 tonnes par an. Pour avoir un point de comparaison, la production mondiale d'or est d'environ 3 500 tonnes par an. L'indium est donc extrêmement rare dans sa forme extraite.

Ce qui le rend précieux — et stratégique — ce n'est pas sa rareté en soi, mais la combinaison de ses propriétés physico-chimiques avec lesquelles aucun autre matériau ne peut rivaliser pour certaines applications précises. Sa forme la plus utilisée industriellement est l'ITO — l'oxyde d'indium-étain, un alliage composé de 78 à 90% d'indium et de 10% d'oxyde d'étain. L'ITO possède deux propriétés que les ingénieurs en électronique considèrent comme presque miraculeuses : il conduit l'électricité et il est transparent. Cette combinaison est extraordinaire. Elle permet de créer des électrodes transparentes sur du verre ou du plastique — ce qui est exactement ce dont ont besoin les écrans LCD, OLED, les panneaux tactiles de smartphones, de tablettes et d'ordinateurs portables.

Il y a 39 milligrammes d'indium dans un ordinateur portable moyen. 254 milligrammes dans un écran LCD de téléviseur. Ces chiffres semblent anecdotiques — mais multipliés par les milliards d'appareils produits chaque année, ils représentent une demande colossale. C'est après l'an 2000, avec l'explosion des écrans LCD, que la demande en indium a décollé de façon spectaculaire. Et la Chine, qui disposait déjà des capacités industrielles de zinc dont l'indium est le sous-produit, a progressivement consolidé son avance pour contrôler aujourd'hui environ 60% de la production primaire mondiale.

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ITO, phosphure d'indium et puces photoniques : le rôle invisible de l'indium dans les data centers IA

La révolution des data centers pour l'intelligence artificielle a créé une demande en indium qui dépasse largement celle des simples écrans grand public. C'est là que la dimension géopolitique de ce minerai prend toute sa gravité.

Les data centers qui font tourner ChatGPT, Gemini, Claude et les modèles d'IA militaires de nouvelle génération sont des structures titanesques qui consomment des quantités stupéfiantes d'énergie et qui génèrent une chaleur considérable. Ils sont équipés de milliers de processeurs graphiques (GPU) assemblés en clusters, reliés entre eux par des réseaux à très haute vitesse. Et c'est précisément dans ces réseaux que l'indium joue un rôle silencieux mais critique.

La première application dans les data centers est la plus connue : les écrans de monitoring, les interfaces de contrôle, les tableaux de bord de supervision des serveurs. Tous utilisent de l'ITO pour leurs écrans tactiles. Mais ce n'est là que la partie visible.

La seconde application — et celle qui explique pourquoi Washington parle d'indium dans ses briefings stratégiques — est le phosphure d'indium (InP). Ce composé semi-conducteur est au cœur des puces photoniques de nouvelle génération. Les puces photoniques ne traitent pas les données avec des électrons comme les puces électroniques classiques — elles les traitent avec des photons, c'est-à-dire avec de la lumière. Cette révolution est fondamentale : les puces photoniques sont beaucoup plus rapides, consomment beaucoup moins d'énergie et génèrent beaucoup moins de chaleur que les puces électroniques pour les mêmes performances. Dans les data centers IA de nouvelle génération, ces puces représentent le futur immédiat — celui des connexions entre serveurs GPU qui permettront de multiplier la vitesse de traitement des modèles d'IA par un ordre de magnitude.

Selon les données citées par la Maison-Blanche dans ses communications sur l'accord de Busan, "le phosphure d'indium est essentiel à la fabrication de puces photoniques de nouvelle génération qui utilisent la lumière plutôt que l'électricité pour traiter les données, ainsi que de lasers optiques à haute vitesse utilisés dans les réseaux de fibre optique et 6G". Ces deux applications — les data centers IA et les réseaux 6G — sont précisément les deux secteurs que Washington considère comme les plus stratégiques de la décennie à venir. Ce n'est pas une coïncidence.

La troisième application de l'indium dans les infrastructures de calcul est moins spectaculaire mais tout aussi stratégique : les matériaux d'interface thermique. Pour fonctionner dans des conditions optimales, les GPU (ces processeurs graphiques de Nvidia ou AMD qui font tourner l'IA) ont besoin de systèmes de refroidissement ultra-efficaces. Les matériaux d'interface thermique — qui assurent le transfert de chaleur entre le processeur et le système de refroidissement — contiennent fréquemment de l'indium, pour ses excellentes propriétés conductrices. Sans ces matériaux, les GPU surchauffent, leurs performances chutent, et leur durée de vie s'effondre.
En additionnant les trois vecteurs — ITO pour les interfaces, phosphure d'indium pour les puces photoniques, interfaces thermiques pour les GPU —, le tableau est clair : l'indium est partout dans la chaîne de valeur des data centers d'intelligence artificielle. Et sa production mondiale est à 60% entre les mains d'un seul pays : la Chine.

La chronologie des restrictions : comment Pékin a manié l'arme minérale depuis 2023

Pour comprendre pourquoi l'indium est aujourd'hui l'objet d'une attention géopolitique si particulière, il faut retracer la chronologie des décisions chinoises en matière de contrôle des exportations de minéraux critiques depuis 2023. Cette chronologie ressemble à une partition jouée avec une précision croissante.

Juillet 2023, première note : la Chine impose des restrictions à l'exportation du gallium et du germanium, deux métaux essentiels à la production de semiconducteurs. Le signal est fort — ces deux métaux sont à la fois critiques et produits quasi-exclusivement en Chine (99% du raffinage mondial du gallium selon l'Agence internationale de l'énergie). Washington proteste. Les industriels européens et américains cherchent des alternatives.

Octobre 2023, deuxième note : Pékin suspend les exportations de graphite naturel haute pureté, matériau clé pour les batteries de véhicules électriques. L'industrie automobile mondiale se contracte d'inquiétude.

Août 2024, troisième note : l'antimoine — métal à usage militaire et technologique — est ajouté aux contrôles d'exportation.

Décembre 2024, quatrième note : la Chine va plus loin, en bannissant purement et simplement les exportations de gallium, germanium et antimoine vers les États-Unis spécifiquement. Cette décision ciblée, prenant effet quelques jours avant Noël, envoie un message sans ambiguïté à l'administration Trump entrante : Washington ne peut pas prétendre embargo technologique sur Pékin sans que Pékin n'ait ses propres leviers.

4 février 2025, cinquième note — la plus discrète mais peut-être la plus stratégique : peu après que Trump a annoncé une hausse de 10% des droits de douane sur tous les produits chinois, le ministère du Commerce chinois publie de nouvelles restrictions couvrant le tungstène, le molybdène, l'indium, le tellure et le bismuth. La liste est moins médiatisée que les précédentes — ces noms sont moins connus que le gallium ou le germanium. Mais l'indium y figure, pour la première fois.

Octobre 2025, sixième note : après des mois de tensions commerciales et de négociations intenses, Washington et Pékin parviennent à un accord lors du sommet de Busan, en Corée du Sud. Dans cet accord, la Chine s'engage à "supprimer de manière effective" tous les contrôles à l'exportation de minéraux critiques, en échange d'un assouplissement américain sur les exportations de semiconducteurs vers la Chine et de concessions sur les visas étudiants. La nouvelle est saluée des deux côtés. Les marchés rebondissent.

Mais dans les semaines qui suivent, une réalité s'impose progressivement aux analystes qui regardent les données douanières : la plupart des minéraux ont effectivement retrouvé des niveaux d'exportation normaux. Pas l'indium. Les exportations chinoises d'indium "ont chuté de manière spectaculaire au cours des 14 mois écoulés depuis février 2025 par rapport à la même période de l'année précédente", note la Maison-Blanche dans ses communications récentes sur les négociations commerciales en cours.

C'est ce qui a conduit la Maison-Blanche à mentionner explicitement l'indium dans ses préoccupations liées à l'accord de Busan — "pour la première fois", selon les sources diplomatiques américaines. Ce silence de l'indium dans les flux douaniers chinois, alors que les autres minéraux sont revenus à la normale, dit quelque chose de précis sur la stratégie de Pékin : dans la guerre technologique avec Washington, l'indium est l'arme que Pékin a choisi de garder en réserve. Ou de ne pas rendre.

Poudre grise. 800 tonnes par an. 60% monopole chinois. 100% dépendance américaine. Seul minéral encore sous restriction après Busan 2025. L'indium tient les data centers IA en otage

Dépendance à 100% et absence de substitut viable : la vulnérabilité américaine et européenne

L'aspect le plus vertigineux de la question de l'indium n'est pas la domination chinoise en soi — il n'est pas la première matière première dans ce cas. Ce qui rend la situation particulièrement préoccupante, c'est la combinaison de trois facteurs simultanés : la dépendance totale des États-Unis, l'absence de substitut technique satisfaisant pour les applications critiques, et la nature insidieuse d'une restriction qui se déploie lentement, sans coup d'éclat.

Sur la dépendance d'abord. L'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS) le document dans sa publication de juillet 2025 dont s'est fait l'écho Visual Capitalist en février 2026 : les États-Unis sont dépendants à 100% des importations pour l'indium. Il n'existe pas de mine américaine d'indium en opération. Il n'existe pas de capacité de raffinage primaire américaine pour ce métal. Toute la chaîne part de la Chine, puis passe par le Japon, la Corée du Sud et le Canada pour être transformée en composants utilisables — mais la matière première de base est chinoise.

Sur l'absence de substitut ensuite. C'est là que réside le vrai piège stratégique. Avec certains matériaux, la pression économique ou géopolitique pousse à l'innovation et à la substitution. Pour l'ITO et ses applications dans les écrans plats et les touchscreens, il existe des alternatives à base d'oxyde d'indium-zinc (IZO), de nanofils d'argent ou de graphène. Ces alternatives avancent dans les labos. Mais pour les puces photoniques à base de phosphure d'indium — qui représentent l'enjeu le plus stratégique —, il n'existe pas à ce stade de substitut mature capable de rivaliser sur les performances, le coût et l'échelle de production. "ITO est l'électrode transparente dans chaque LCD, OLED et écran plasma, chaque écran tactile capacitif, chaque cellule solaire à couche mince", résume avec précision la spécialiste en matériaux Goodfellow dans sa documentation technique. Et pour l'InP des puces photoniques, les alternatives à base d'arséniure de gallium ou de nitrure de gallium présentent des limitations techniques différentes qui ne les rendent pas directement interchangeables dans tous les cas d'usage.

Sur la lenteur du déploiement de la restriction enfin. Contrairement à un embargo brutal qui déclencherait une réaction immédiate des marchés, la stratégie chinoise sur l'indium opère par étranglement progressif. Les stocks constitués par les industriels japonais, coréens et européens permettent d'absorber les chocs à court terme. Le Japon est particulièrement avancé dans ce domaine : il couvre près de la moitié de ses besoins en indium grâce au recyclage des chutes de production de ses usines d'écrans LCD. Mais les stocks s'épuisent. Et les signaux commencent à apparaître dans les délais de livraison de certains composants photoniques.

L'Europe, de son côté, dépend à 98% des importations chinoises pour l'ensemble des terres rares et minéraux critiques associés, selon les données analysées par l'Institut NESA. Pour l'indium spécifiquement, l'Europe répond à environ 30% de sa demande par le recyclage — un chiffre respectable mais insuffisant face à l'ampleur de la demande croissante des data centers IA annoncés sur le continent. Rappelons que 109 milliards d'euros d'investissements privés en data centers IA ont été annoncés en France depuis le Sommet de Paris de février 2025. Ces data centers auront besoin d'indium. En quantités croissantes.

Les réponses américaine, européenne et africaine : entre réserves stratégiques, recyclage et minerais africains

Face à cette vulnérabilité documentée, quelles sont les réponses en cours de déploiement ? Elles existent, mais elles opèrent à des horizons temporels qui ne correspondent pas à l'urgence que crée la restriction chinoise actuelle.

Du côté américain, l'administration Trump a engagé plusieurs initiatives. La "One Big Beautiful Bill" a alloué 7,5 milliards de dollars aux minéraux critiques, incluant l'indium. Le Département de l'Énergie a annoncé 1 milliard de dollars pour cinq programmes couvrant notamment le gallium et plusieurs minéraux de la même famille technologique que l'indium. Et des prises de participation gouvernementales dans des entreprises stratégiques comme USA Rare Earth, qui construit des installations de production, ont été lancées.

Ces investissements vont dans le bon sens. Mais leur effet sur l'approvisionnement en indium sera limité à court terme, pour une raison structurelle : l'indium ne s'extrait pas comme le lithium ou le cobalt dans des mines dédiées. Il est quasi-exclusivement produit comme sous-produit du traitement du zinc. Il faudrait donc développer une filière zinc américaine de grande envergure — avec des délais de mise en production qui se comptent en années, pas en mois — pour générer suffisamment d'indium primaire.
La voie la plus prometteuse à court terme reste celle du recyclage. Le taux de recyclage de l'indium est actuellement d'environ 58%, principalement réalisé lors de la fabrication des écrans (les 70% d'indium qui se déposent sur les parois des chambres de pulvérisation plutôt que sur la surface cible sont systématiquement récupérés). Augmenter ce taux, notamment en améliorant le recyclage de l'indium en fin de vie dans les appareils électroniques, est une priorité identifiée par plusieurs gouvernements et industriels. Mais là encore, les volumes restent insuffisants pour combler un arrêt prolongé des exports chinois.

L'Afrique entre ici dans l'équation — et c'est peut-être la partie la plus sous-documentée et la plus prometteuse de cette histoire. Le continent africain dispose de gisements importants de zinc, dont l'indium est le sous-produit. La République Démocratique du Congo — premier sujet de couverture géopolitique de Le Grand Courant sur la semaine du 18 mai — est à la fois un producteur majeur de zinc et l'un des territoires où des programmes d'exploration minière pour les minéraux critiques s'accélèrent. La Zambie, la Namibie et le Burkina Faso disposent également de gisements de zinc potentiellement productifs.

Ce lien entre la question de l'indium et l'Afrique n'est pas théorique. L'accord signé entre les États-Unis et la RDC en décembre 2025 — qui conditionne le soutien américain à Kinshasa dans la lutte contre la rébellion M23 à un accord sur les réserves de cobalt, cuivre et lithium congolaises — est le signe que Washington a compris la logique : l'Afrique est le continent de substitution pour les minéraux critiques que Washington ne veut plus acheter à Pékin. L'indium n'est pas encore explicitement dans cet accord. Mais la logique s'applique parfaitement.

Ce que révèle en définitive l'histoire de l'indium, c'est la nature profonde de la guerre technologique entre Washington et Pékin. Elle ne se joue pas seulement sur le terrain des puces, des algorithmes, des brevets ou des réglementations sur les données. Elle se joue dans des sous-sols de zinc, dans des raffineries dont personne ne connaît le nom, dans des colonnes de chiffres douaniers que seuls quelques experts économiques déchiffrent. Elle se joue avec des matériaux que vous ne voyez pas, dont vous n'avez jamais entendu parler, et qui pèsent quelques grammes dans vos appareils — mais qui, si leur approvisionnement se tarissait, rendraient impossible la construction des data centers qui alimentent l'IA dont tout le monde parle.

Il y a quelque chose d'assez vertigineux dans cette réalité. La puissance industrielle du XXIe siècle ne se mesure pas à la taille des armées ou même à la production de pétrole. Elle se mesure au contrôle de quelques centaines de tonnes par an d'une poudre grise que peu de gens connaissent. L'indium est une leçon d'humilité technologique. Et Pékin l'a compris bien avant Washington — ou du moins, bien avant que Washington ne commence à en parler publiquement.

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Auteur
May 19, 2026 4:44
Crée
May 19, 2026 9:00
Mis à jour
Minerai fantôme et data centers : l'indium décrypté
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Temps de lecture
May 19, 2026 9:00
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