
Créé pour favoriser la coopération économique internationale, le World Economic Forum réunit chaque année à Davos dirigeants politiques, chefs d’entreprise et investisseurs. Mais dans un monde marqué par la fragmentation géopolitique, la montée des puissances non occidentales et la volatilité des marchés, sa capacité d’influence réelle est de plus en plus questionnée.
Davos, une plateforme née pour connecter pouvoir politique et capital
Fondé en 1971 par Klaus Schwab, le World Economic Forum s’est imposé comme un espace unique de dialogue entre États, multinationales, institutions financières et société civile. Selon McKinsey, Davos n’a jamais été conçu comme un lieu de décision formelle, mais comme un accélérateur de coordination informelle, permettant d’aligner des acteurs qui ne se croiseraient autrement jamais.
Cette architecture explique à la fois la longévité du WEF et les critiques récurrentes dont il fait l’objet. Le forum n’adopte ni résolutions contraignantes ni politiques publiques. Il fonctionne par influence, réseaux et signaux. Reuters rappelle que nombre d’initiatives internationales — partenariats public-privé, engagements climatiques, discussions commerciales — ont émergé dans les marges de Davos plutôt que dans ses sessions officielles.
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Depuis la crise financière de 2008, l’ordre économique mondial s’est profondément transformé. L’essor de la Chine, le retour du protectionnisme, les sanctions économiques et la guerre en Ukraine ont contribué à fragmenter la gouvernance mondiale. Al Jazeera souligne que le WEF reste largement dominé par des élites économiques occidentales, malgré une présence accrue d’acteurs du Sud global.
Cette asymétrie pose question dans un monde multipolaire. Les priorités discutées à Davos — transition climatique, régulation technologique, finance durable — ne correspondent pas toujours aux urgences économiques de nombreux pays émergents. Selon une analyse académique relayée par l’Université de la Suisse italienne, le WEF peine à s’imposer comme un véritable forum global, au-delà de son ancrage euro-atlantique.
Davos influence-t-il encore les marchés financiers ?
Sur les marchés, l’impact direct du World Economic Forum reste limité. Les données observables sur Investing.com montrent que les grandes classes d’actifs — actions, devises, matières premières — réagissent davantage aux décisions des banques centrales, aux indicateurs macroéconomiques et aux tensions géopolitiques qu’aux annonces faites à Davos.
Reuters note que les investisseurs utilisent le WEF comme un baromètre de discours plutôt que comme un déclencheur de transactions . Les marchés surveillent les signaux faibles : ton des dirigeants, priorités sectorielles, évolution du consensus sur l’inflation ou l’énergie. Mais aucune corrélation directe et durable n’apparaît entre Davos et des mouvements de marché significatifs.

Davos comme thermomètre, non comme levier
Le rôle du World Economic Forum s’apparente de plus en plus à celui d’un thermomètre du capitalisme mondial. Les débats sur l’intelligence artificielle, la dette, la transition énergétique ou la fragmentation commerciale reflètent les inquiétudes des élites économiques plutôt qu’ils ne les orientent.
Swissinfo observe que Davos reste néanmoins un espace utile pour décrypter l’état d’esprit des décideurs globaux, notamment dans les périodes de forte incertitude . À ce titre, le forum conserve une valeur informationnelle élevée, même si son pouvoir normatif s’est affaibli.
Un forum toujours utile, mais plus hégémonique
Le World Economic Forum n’est ni obsolète ni tout-puissant. Il demeure un point de convergence symbolique dans un monde fragmenté, mais il ne peut plus prétendre structurer l’agenda mondial à lui seul. Sa pertinence dépend désormais de sa capacité à intégrer réellement les voix non occidentales et à refléter la diversité des trajectoires économiques mondiales.
Comme le résume Reuters, Davos reste un miroir du monde tel qu’il est, non un moteur du monde tel qu’il devrait être.
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